LISE GAGNÉ: UNE FORÊT DANS LA TÊTE Du 20 novembre au 20 décembre 2014 Vernissage le mercredi 19 novembre de 17h à 20h

04La Galerie Bernard est heureuse de vous convier, le mercredi 19 novembre 2014, au vernissage de l’exposition de Lise Gagné.

En 2011, avec sa série «Songes d’animaux», Lise Gagné nous transportait dans un univers où l’arbre, icône allégorique de son répertoire, était animé par une faune onirique et festive. Dans sa récente production, elle continue de transcender la forêt, de nous présenter les arbres dans tous leurs états. Elle nous amène à la frontière du visible et de l’invisible.

L’artiste capte ainsi ses rêves, en brouille les pistes de lecture. En nous faisant perdre nos repères comme ça peut arriver lors d’excursions en forêt. Nous sommes forcés de pénétrer dans l’intime du paysage comme le pratiquent les peintres chinois. Dans ses représentations de forêts d’épinettes et de marécages, tout est remis en question, depuis ces ciels démesurés jusqu’aux sous-bois où des troncs jonchent le sol à la recherche de lumière. Feuillus, racines et troncs d’arbres deviennent partie intrinsèque et inhérente à son propos.

Dialogue entre peinture et photographie

L’exposition regroupe des techniques mixtes sur papier Saint-Gilles et impressions numériques sur papier et aluminium. Un réel dialogue s’amorce entre les images choisies et les deux médiums qu’elle utilise, peinture et photographie. Quatre tableaux d’anciennes séries, dont Requiem pour la forêt et Eau/Bois, intégrés au corpus de l’exposition démontrent la détermination et la fougue de l’artiste à approfondir son discours.

«Une forêt dans la tête» est un tour guidé de terres humides et de hauts-bois animées de formes étranges. Par-delà du monde réel, l’artiste nous introduit à un monde imaginaire avec l’apparition d’un bestiaire. «Le chevreuil dans cette exposition relève ainsi du miracle» raconte-elle. «Je promenais mon objectif et en jouant avec le cadrage d’un marais, j’ai vu les cornes faites de bouleaux, le museau et les yeux constitués de pierre. Une image fétiche venait de naître et j’ai voulu l’animer de différentes manières en la transposant en photo, en peinture, en gravure. Un an plus tard j’ai croisé une autre forme de chevreuil, une sorte de fantôme incarné dans une souche. Certains ont cru au trucage, au modelage, mais ce que je présente est l’image non retouchée – telle qu’elle m’est apparue à travers l’objectif.

Gagné nous fait ainsi découvrir cette série d’œuvres énigmatiques, de véritables capteurs de rêves et de couleurs.

Source : Jules Arbec, critique d’art et auteur.

Originaire de Montréal, Lise Gagné quitte le Québec en décembre 1973 pour parcourir la planète. Du Mexique à l’Argentine, de l’Afrique à l’Europe. En juin 75, elle se pose en Allemagne d’où elle peut facilement continuer à voyager. Ses années sur la route lui permettent de découvrir des civilisations anciennes et des sites archéologiques importants, dont Stonehenge, la Vallée des rois, Louxor et Karnak, Cuzco et Sacsayhuamán, de s’émerveiller dans les grands musées, de se perdre dans les souks et les marchés colorés. Ce parcours initiatique la captive et la transforme en «chasseresse d’images».

En 1980 elle migre à Winnipeg et étudie l’anthropologie axée sur les sociétés amérindiennes des Amériques au Collège de Saint-Boniface. De retour au Québec en 1981, elle s’inscrit en photographie au Collège Dawson et fréquente durant trois ans l’atelier du Frère Jérôme, son premier guide en peinture. Tout au long des années 90, parallèlement à une carrière active en communication, elle poursuit des études en art à l’Université du Québec à Montréal avec une concentration en gravure. Durant cette même période, elle assiste régulièrement aux ateliers de modèle vivant donnés les samedis à  l’Atelier Circulaire. Suivront plusieurs stages de perfectionnement avec notamment les peintres et graveurs Kittie Bruneau, Carlos Calado, Dominique Sarrazin et Pierre-Léon Tétreault.

Depuis 1994, Lise Gagné a participé à plusieurs événements individuels et collectifs au Québec. Son travail a été choisi pour faire partie d’un récent ouvrage : Art: Trees, Leaves, and Roots, E. Ashley Rooney, Schiffer Publishing 2013, regroupant des œuvres d’artistes internationaux.

YVES TRUDEAU

SÉRIE VESTIGE, 2014 – BRONZE 1/1

À découvrir au premier étage de la galerie

Vestige VI (Cathédrale), 2014, bronze, unique, patiné noir, 32 x 17 x 30 cm

Vestige VII (Église), 2014, bronze, unique, patiné noir, 24,5 x 10,5 x 22,5 cm

Vestige IX (Berlin 44), 2014, bronze, unique, patiné noir, 32,5 x 35,5 x 18,5 cm

Vestige VII (Abbaye), 2014, bronze, unique, patiné noir, 25,5 x 19,2 x 13,5 cm

Dans cette dernière série de  pièces en bronze uniques, le sculpteur Yves Trudeau introduit la notion de patrimoine et de mémoire dans ses œuvres. Cette série fait suite à celle des Parvis et Portails qui questionnait déjà l’architecture. Les Vestiges font référence à un environnement familier, celui de Montréal et de ses nombreuses églises souvent oubliées qui, à défaut d’être valorisées en tant que monuments de notre patrimoine, font partie du paysage historique québécois.

Cette pensée esthétique, alliant les préoccupations sociales et historiques qui lui tiennent à cœur, est illustrée par une présence structurale de façades en bronze patiné noir, médium propre et cher à Trudeau. Celles-ci représentent ces édifices, autrefois monumentaux, destitués ou abandonnés comme les vestiges d’une grandeur, aujourd’hui disparue…

L’œuvre Vestige IV Berlin 44, quant à elle, fait référence à une architecture en ruine de l’après deuxième guerre mondiale. Les sculptures en bronze d’Yves Trudeau révèlent la fragilité des matériaux en ruine et permet d’introduire ainsi cette précieuse notion de mémoire des choses et des lieux… Il en témoigne à nouveau dans cette récente série.

Avec ces quatre nouvelles pièces l’artiste ne prétend point essayer de changer le monde, il nous invite à la réflexion qui, il l’espère, nous emmènera à apprécier, protéger et à conserver d’avantage notre héritage social et culturel.

Horaire: mer. 11h – 18h / jeu. ven. 11h – 19h / sam. 12h – 17h

Découvrez notre nouveau site web : galeriebernard.ca

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